profanes_001Je sais pourquoi j'aime ses livres me suis-je dit en débutant la lecture de celui-là. Parce que je m'y retrouve et que cela me fait du bien. Parfois je me sens en dehors des autres. Et Jeanne Benameur me rassure parce que je me rends compte avec son écriture et avec ses personnages que l'on peut se poser des questions toujours. Observer. Ressentir. Admirer. Penser. Voir. Regarder. Avoir peur. Réfléchir...et tout cela tout le temps. Je l'ai déjà dit en parlant de Laver les ombres. Les romans de Jeanne Benameur se ressentent plus qu'ils ne se lisent et c'est ça pour moi en fait. Je ressens la vie et cette auteure me fait comprendre que c'est normal. Que je ne suis pas la seule.

"Qu'il se laisse à nouveau, peu à peu, gagner par la beauté. Un arbre, la façon dont la ramure dessine contre le ciel un entrelacs très fin, aléatoire. C'est beau parce que c'est. Voilà. C'est Tout. Contempler ces branches-là, ces feuilles-là, rien d'autre. Juste ce qui s'offre. Il n'y a aucune intention dans un paysage, il n'y a aucune intention dans la ramure d'un arbre et ça, c'est un repos. S'absorber totalement à regarder. Se rendre. Sa façon de retrouver la paix."

Voilà des mots que j'aime lire. Dont je me remplis. Parce qu'ils disent ce que je peux être capable de ressentir parfois. M'arrêter. Ne plus penser à rien. Et regarder...Le beau qui se donne autour de moi.

"La mémoire est une hyène. Elle fouille, trouve toujours un lambeau à arracher."

Voilà des mots qui résonne en moi...parce que c'est tellement vrai.

Mais j'arrête là les citations. Je pourrais en mettre plein d'autres. Et puis je m'égare. Je parle de moi. Je devrais plutôt parler du livre...

Je me demande si je ne suis pas trop égoïste quand je lis. Je ramène à moi...des phrases qui parlent de personnages. Il ne faudrait pas que j'en oublie l'histoire. La réalité envahit la fiction...il faudrait que ce soit le contraire quand je lis... Tout ça c'est donc ce que j'ai aussi pensé au début. Et puis l'histoire m'a emmenée avec elle au délà des mots que j'aimais lire. Je me suis oubliée...

Je me suis attachée à Octave Lassalle et aux quatre personnes qu'il a fait venir près de lui pour une dernière route. Je me suis plue dans cette maison, dans ce jardin et ailleurs. J'ai aimé les absentes. C'était beau ce que je lisais alors. C'était émouvant, remuant et vraiment profond. C'était vraiment bien oui.

Et puis j'ai eu peur. Je ne sais pas si vous la connaissez cette peur quand vous êtes en train de lire un très bon livre ? La peur d'être déçue par la fin...parce que ça gacherait tout ce qu'il y a eu avant...et non. Oh que non je n'ai pas été déçue. Au contraire...

Les phrases sont belles et intelligentes. Je prends toujours le temps de les lire. De les relire. Ses personnages sont entiers. Je prends autant de temps pour les observer. Il y a une belle intimité dans ses pages...très belles pages...ah la la. J'aime beaucoup...voilà ! Moi ce sont des livres comme ça que j'aime.

Clara en parle ici. Nadael .